Le Google Pixel 3 XL testé par un utilisateur d’iPhone

Google m’a prêté un Pixel 3 XL pendant un mois afin que l’utilisateur d’iPhone que je suis puisse (re)découvrir Android après des années d’iOS. Pendant un mois, il a été mon téléphone principal. Alors ? Peut-on « switcher » facilement d’un système à un autre facilement ? Réponse ici.

Je ne ferai pas un test technique complet. Il y a pléthore de sites ou de vidéos qui présenteront le portable de Google sous tous les angles. Je voulais proposer un autre angle : celui de l’utilisateur chevronné d’iPhone qui se laisse tenter par le système concurrent. Il s’agira donc de ressentis et de points de vue qui me sont propres.

J’ai choisi de tester ce téléphone plutôt qu’un autre car il se rapproche de la philosophie Apple : il est construit par le fabricant du système d’exploitation, les mises à jour majeures sont assurées pendant quelques années et l’interface utilisateur est telle que Google l’a imaginée. Du pur Android, avec toutefois quelques ajouts.

Une transition en douceur

La transition s’est faite en douceur : Google fournit un outil permettant de transférer la totalité de ses données de l’iPhone au Pixel. J’ai tout retrouvé : applications, messages et historique des appels.

Mes contacts étant sur Office 365, j’ai rapidement tout synchronisé grâce à l’application Outlook. J’ai un peu galéré au départ pour qu’ils soient bien intégrés au système. Je me suis un peu perdu dans les paramètres… Android est un peu compliqué à ce niveau-là.

Compliqué, mais en même temps très ouvert. Quel plaisir de pouvoir utiliser Outlook comme application de courrier et d’agenda principale ! Quel plaisir de choisir les programmes que je veux utiliser, enregistrer et envoyer les fichiers que je souhaite sans limitations. J’ai même changé mon lanceur d’application, afin d’avoir une présentation répondant plus à mes besoins. J’utilise l’excellent Action Launcher.

Oui, Android est un poil plus complexe, il y a des options, des sous-options, des choix ergonomiques qui m’ont dérouté… mais force est de constater que l’OS s’est bien amélioré depuis cinq ans.

Le Pixel, l’expérience par Google

Le Pixel 3 XL est plutôt joli (même s’il est resté dans sa coque de protection durant toute la durée du test). Son écran est magnifique avec des couleurs éclatantes, mais qui peuvent manquer de tonus lorsqu’il y a beaucoup de lumière environnante. L’encoche est énorme (si si), mais on l’oublie vite à l’utilisation. Je n’y fais même plus gaffe. En plein écran, pour lire des vidéos, l’image est bien centrée. Le capteur d’empreinte digitale est placé à l’arrière de l’écran… ce qui est un peu déroutant au départ mais qui s’avère pratique (surtout qu’il est plutôt efficace !). La seule erreur que je lui trouve est le placement des boutons : j’ai tendance à fermer le téléphone quand je veux monter le son. Je dois avouer que ça m’a bien énervé à plusieurs reprises !

J’ai beaucoup aimé quelques petites fonctions très sympas comme le « Mode chut », qui permet de de passer en mode « Ne pas déranger » en retournant simplement l’écran. L’accès à Google Assistant est aussi simplifié avec les bords actifs. Une simple pression et l’Assistant apparaît. Simple. Pratique. L’écoute en continu est assez bluffante, avec l’historique de tous les titres musicaux entendus par le téléphone au quotidien. Si vous entendez une musique sympa dans la journée, vous n’avez même plus besoin de dégainer votre téléphone : la musique vous attend patiemment dans l’historique.

Enfin, comment ne pas parler de ce superbe appareil photo ? Le Pixel 3 XL m’a accompagné pendant un mois et a offert des photos somptueuses, rarement ratées. Les couleurs sont fidèles à la réalité, les détails sont préservés… Même les photos réalisées de nuit sont absolument impressionnantes. Notons que les utilisateurs d’un Pixel 3 bénéficient de la sauvegarde illimitée vers Google Photo…

La seule ombre au tableau est clairement la batterie… Les pourcentages de batterie diminuent vite. Très vite. S’il tient une journée entière, c’est souvent pour finir à quelques pourcents de la fin… Heureusement qu’il se recharge vite. Mais encore faut-il avoir accès à la recharge.

Android au quotidien

Je n’ai pas ressenti de gêne en particulier et j’ai retrouvé toutes les applications que j’utilise habituellement sur mon iPhone. Avec le lanceur d’application installé, j’ai même trouvé l’utilisation du Pixel 3 XL plus agréable. Un geste fait apparaître mon agenda, les applications de domotique. Un autre lance l’équivalent de Spotlight.

J’ai été assez impressionné par l’intégration de Google Maps et de toutes les informations utiles et pertinentes que cette application apporte au quotidien, notamment sur mes trajets vers le travail. Au prix de pas mal de données privées, cela va sans dire… mais particulièrement intéressant.

Là où je suis plus sceptique, c’est sur la qualité des applications. J’ai trouvé que globalement les applications étaient moins bien développées sur Android que sur iOS, souvent moins bien fichues. La différence se ressent sur des applications comme le gestionnaire de pages Facebook (buggué) ou iZettle, qui ne propose même pas le catalogue des objets à vendre ! J’ai perdu pas mal de temps à Angoulême à cause de ça.  Les développeurs gagnent plus d’argent sur iOS… et ça se ressent. Certains jeux iOS n’étaient même pas au catalogue (comme l’excellent Bring you home) ou arrivent avec plusieurs mois de retard (la série des The Room).

L’extrême ouverture d’Android coûte aussi en cohérence générale. Malgré les efforts de Google pour rationaliser l’ergonomie des applications, chacun semble faire comme bon lui semble. L’exemple le plus flagrant est la présentation des icônes… même si ce ne sont que des détails !

Alors ? T’en penses quoi ?

Le Pixel 3 XL est un excellent téléphone. A part quelques bugs et quelques petites frustrations liées aux applications et à la batterie, il ne m’a jamais fait défaut en un mois. Peut-il remplacer un iPhone ? Oui, totalement. Après, je pense qu’il est désormais difficile de comparer Android et iOS, qui se ressemblent finalement plus qu’ils ne diffèrent. Android sera un système plus ouvert, avec une liberté obtenue au prix d’une certaine cohérence et de l’ergonomie. iOS « materne » plus ses utilisateurs, avec une simplicité obtenue au prix de certaines limitations. Faire simple, c’est aussi faire des choix qui ne conviendront pas à tout le monde.

En fait, il n’existe pas encore de téléphone parfait… l’objectif est d’avoir celui qui correspond à ses besoins.

Vient enfin l’exploitation des données personnelles, avec deux philosophies différentes.

Une chose est certaine, repasser sur Android après des années sur iOS ne me fait plus peur. Android a réellement fait un bond en avant impressionnant, avec des terminaux de grande qualité. Pour le moment, je conserve mon iPhone 7 plus… La question se posera quand celui-ci donnera des signes de fatigue.