Nawak est-il transphobe ?

J’avais décidé de ne plus revenir sur ces polémiques. La violence de certains propos, propagés par des gens plus malveillants que militants, me pousse à refaire une mise au point.

Nawak serait transphobe !

transphobe

L’accusation vient uniquement des réseaux sociaux : cette caisse de résonance où les mensonges, répétés et amplifiés, prennent parfois vie.

En cause, ce dessin, réalisé en juillet 2017 après un shitstorm* où on m’accusait d’être « grossophobe ». On me voit au milieu de militants d’extrême droite et de « militants progressistes » à la sauce Twitter.

le retour

Parmi les personnages à droite de l’image, il y en a un qui représente l’anonymat, notamment sur Twitter. Il apparaît masqué par une photo de profil et porte des habits neutres pour ne pas le genrer. Le parfait anonyme : homme ou femme, jeune ou vieux, masqué. Mais qui crache son venin comme les autres. Et que l’anonymat libère.

C’était en tous cas ce que je voulais représenter…

L’erreur

Le dessin de la photo de profil a été choisi, pour le « masque », parmi les profils qui m’ont copieusement insulté ou harcelé pendant le shitstorm. Cette personne avait dépassé les bornes par son agressivité et son absence totale de remise en question… Et sa photo de profil était facile à redessiner.

Sauf qu’une fois le dessin publié… j’ai appris que cette personne est une femme trans. Et qu’elle m’accusait donc de transphobie.

« Nawak dessine une femme trans avec un pantalon, comme un mec, il est donc transphobe. »

Le processus implacable des réseaux sociaux a fait son œuvre, avec des procès d’intention toujours plus ubuesques. Le mensonge se retrouve colporté, amplifié…

Non.Mon dessin n’attaquait pas cette personne sur sa transidentité. Sa transidentité n’a jamais fait partie de l’équation puisque je n’ai même pas pris la peine de regarder son profil. Que cette personne soit trans, cis, blanche, noire, vieille ou jeune : je m’en fiche. Seul son comportement était visé.

Mon erreur, c’est d’avoir choisi une photo de profil existante, de m’attaquer à une personne réelle sous le coup de l’exaspération et de la colère. C’est de rendre un coup, alors que le dessin était déjà assez fort.

Non. Je ne suis pas transphobe. Je n’ai jamais eu d’intention transphobe. Ce ne sont pas mes valeurs.Point.

Des remerciements aux concernées qui m’ont aidé à y voir clair

Je remercie Selene, présidente du CGLBT de Rennes, avec qui j’ai eu une longue discussion par téléphone. Elle m’a expliqué avec beaucoup de pédagogie le procès en imposture que vivaient les personnes trans, la colère quasi viscérale qu’elles peuvent ressentir, tout comme la sécurité qu’apporte l’anonymat sur les réseaux sociaux. Je remercie aussi les associations LGBT et les militant.e.s trans qui me soutiennent, connaissent mon travail et mon engagement. Mes échanges avec des concernées telles Lanah (Adheos Angoulême), Anne-Marie (Arc en ciel Toulouse) ou Claire (Jardin des T) ont été importants pour faire le point hors des réseaux sociaux.

Je remercie enfin Sophie Labelle, avec qui j’ai beaucoup échangé lors du Festival d’Angoulême à ce sujet, qui m’a beaucoup rassuré quand elle-même a avoué recevoir parfois des procès en transphobie.

Il paraît que « Nawak ne se remet jamais en question ». Je pense au contraire avoir beaucoup réfléchi et échangé avec des concerné.e.s. Je doute que les personnes – souvent plus haineuses que réfléchies – qui colportent des mensonges à mon sujet depuis des mois en fassent de même.

*Shitstorm (tempête de merde) : Déferlement de commentaires haineux sur internet.

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