Fonctionnaires et cumul d’activités : ma lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

J’ai l’honneur de vous adresser cette lettre, souhaitant vous entretenir d’un sujet qui touche mon activité professionnelle.

Comme environ 45 000 fonctionnaires, j’ai fait le choix de cumuler mon activité de fonctionnaire avec une activité annexe. Je suis dessinateur.  Je ne vous parlerai pas de l’extrême complexité d’une réglementation qui me contraint à revêtir plusieurs casquettes selon les situations : artiste auteur pour les œuvres originales ou la cession de droits, commerçant pour la vente de livres auto-publiés. En quatre ans, j’ai appris à gérer ces liens complexes avec différents organismes, à tenir deux comptabilités en fonction de l’activité…

Mon vrai souci vient du cumul des activités : le statut de la fonction publique et la récente loi « Déontologie » du 24 avril 2016, complétée par le décret 2017-705 sur le cumul d’activités dans la fonction publique, verrouille les possibilités de s’épanouir dans des activités annexes, hors de son travail principal. « Le fonctionnaire consacre l’intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui sont confiées. Il ne peut exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit… », selon la loi de 1983.

Fervent défenseur du rôle du service public, j’aime mon travail quotidien au service des personnes en situation de handicap et je me dédie à cette tâche chaque jour. Mais j’aime aussi mon activité artistique. Elle me permet de m’accomplir dans un tout autre domaine, tout en complétant mon salaire. Cette passion dévore mes soirées, mes weekends ou mes vacances, mais n’interfère jamais avec mon activité principale.

Je souhaite continuer à mener ces deux activités, sans être bloqué par des règles stigmatisantes : si des fonctionnaires souhaitent cumuler des emplois, ce n’est pas parce qu’ils ne travaillent pas assez, c’est parce qu’ils veulent le faire. Je souhaite que les règles du cumul d’activités pour les fonctionnaires soient calquées sur celles du secteur privé. Rien ne justifie à mes yeux une telle différence de traitement.

Ayant confiance en votre bienveillance, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

 

illustration pour lettre à Macron

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